Les stratégies DD, épisode 3 : Intermarché

Dans le cadre de la journée dédiée aux stratégies gagnantes du DD organisée en Octobre dernier, l’IFOP  a permis à plusieurs industriels de venir témoigner sur les démarches  de développement durable dans leur entreprise.

Retour sur lentretien avec Evelyne BANQUY, Responsable Développement Durable pour le Groupe ITM Alimentaire.

Intermarché a connu un bon progrès en matière de performance, en gagnant 6 points depuis 2009. Evelyne Banquy, pouvez-vous tout d’abord nous présenter votre société ?

Nous sommes un groupement d’indépendants, ce qui rend plus difficile la mise en place d’actions « Développement Durable ». Chaque adhérent est libre de mettre en application ou non les actions développées par le siège, et pour certaines, c’est lui qui en finance la réalisation. Notre bon résultat 2010 est davantage une somme de petites actions, qu’une seule action de grande envergure, et c’est pierre après pierre qu’on construit notre engagement Développement Durable. En outre, nous ne communiquons pas beaucoup. Enfin, on note que la proximité, le côté « local » joue certainement un rôle dans notre bon score: nous avons des magasins à taille humaine ce qui favorise un côté relationnel avec les clients, et un ancrage local.

Quelles sont vos initiatives exemplaires en matière de Développement Durable ?

Nous avons mené plusieurs initiatives et je vais vous en présenter trois qui nous sont spécifiques:
1- Dans le domaine de la nutrition, nous avons lancé le « nutripass » : un étiquetage de nos produits MDD avec un système tricolore, basé sur la teneur en sucre, sel et matières grasses. C’est très facile à comprendre, s’il y a beaucoup de sel, c’est un feu orange, puis jaune, puis vert. De cette manière, le client voit très vite la teneur en sel. C’est également lié aux AJR et calculé par rapport à la cible (par exemple, dans le cas d’un produit pour enfants). Enfin, cela nous pousse à revoir et améliorer les recettes,
2- Pour le tri des emballages, nous avons développé l’« écolopass » : un pictogramme très simple pour aider le consommateur à trier les emballages du produit. Grâce à l’écolopass, le consommateur sait où jeter ses emballages, la présence de cet indicateur sur les emballages contribue aussi à montrer qu’Intermarché est engagé pour l’environnement. Ces deux systèmes de marquage sur les produits MDD donnent une image éco-citoyenne à l’entreprise.
3- Nous avons également mis en place un système de covoiturage pour les clients, afin qu’ils viennent ensemble chez Intermarché ou Netto. Il faut savoir que le premier poste du bilan carbone d’un magasin, c’est le déplacement des clients lorsqu’ils viennent faire leurs courses. Nous avons également voulu aller au-delà du covoiturage simple, en développant un covoiturage solidaire avec un prestataire, permettant ainsi à une personne de faire les courses pour une autre personne (entre voisins, ou pour les personnes âgées qui ne peuvent pas se déplacer) ; on constate une montée régulière des inscrits sur le site internet. A chaque opération de communication, on gagne des inscrits. D’ailleurs, sur le site, les internautes nous félicitent pour ce système de solidarité. A côté de ce service de covoiturage, nous développons aussi le e-commerce, et essayons d’avoir des transports locaux, à chaque fois que c’est possible, pour desservir les magasins. Tous ces moyens permettent de réduire l’impact carbone de nos points de vente. Ces trois exemples d’initiatives sont très visibles par nos clients, et c’est sans doute, ce qui participe à l’amélioration de notre image.

Comment parvenir à fédérer et rendre concrète la démarche Développement Durable chez des indépendants ?

Ce n’est pas facile, il faut convaincre et non pas contraindre. Cela prend du temps, et cela dépend aussi des actions qui sont pilotées par la direction. Par exemple, pour le « nutripass » et « l’écolopass », leur mise en place ne nécessite pas une grande implication de la part des points de vente, ils ont juste à relayer l’information auprès de leurs employés. Nous tenons souvent un discours de retour sur investissement : par exemple, si on veut inciter nos adhérents à faire des économies d’énergie, en mettant un éclairage moins énergivore, nous mettons en avant l’économie réalisée. Et pour d’autres actions, on pourra donner également des éléments sur le marché : comment cela contribue-t-il à fidéliser la clientèle ? et comment cela participe-t-il à augmenter le chiffre d’affaires ? Il faut toujours souligner le bénéfice client et celui de l’adhérent. Nous avons intégré le Développement Durable depuis plusieurs années, et la difficulté est d’arriver à structurer, et de faire en sorte que cela entraîne tout le monde. Pour cela, nous avons mis en place une nouvelle formation « Développement Durable » pour les postulants. C’est d’autant plus important que la réglementation est de plus en plus impactante, notamment concernant la nouvelle réglementation thermique. Notre rôle est donc de leur apporter le maximum d’informations et des solutions clé en main, ce qui n’est pas toujours aisé.

Source : Ifop

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Un commentaire pour Les stratégies DD, épisode 3 : Intermarché

  1. Bonjour, je suis choquée par cette mise en avant d’Intermarché, quand on lit par ailleurs leur responsabilité dans la detrsuction des grands fonds marins alors qu’ils possèdent les rares chalutiers français encore destinés à un pêche destrcutrice, ainsi que cela est décrit sur « GoodPlanet » :
    « Ensuite la pêche profonde est une aberration écologique parce qu’une fois le chalut passé, il ne reste qu’un désert. D’après les estimations des chercheurs, le passage d’un chalut détruit environ 98 % des organismes vivant sur le fond. Le problème, c’est que les lits d’éponges ou les récifs coralliens qui se développent à de très grandes profondeurs sont des écosystèmes particulièrement riches en espèces mais extrêmement vulnérables qui ont mis 8 à 10 000 ans à se former et qui mettront autant de temps, si ce n’est plus, à se reconstituer – le record mondial de l’animal le plus âgé appartient d’ailleurs à un corail profond qui vit plus de 4 000 ans !
    Quels sont les principaux pays qui pratiquent la pêche industrielle en eaux
    profondes ?
    La première puissance mondiale en termes de volumes capturés, c’est la
    Nouvelle-Zélande. Viennent ensuite la Russie, le Japon, l’Islande,
    l’Espagne, le Portugal et… la France ! Il y a en effet chez nous une
    dizaine de bateaux qui pratiquent la pêche en eaux profondes, la plupart
    qui appartiennent d’ailleurs au groupe Intermarché. »
    etc etc

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